Banques & Fintech : et si la maturité passait par la réconciliation ? | Finexkap
7 avril 2017

Banques & Fintech : et si la maturité passait par la réconciliation ?

Par Cédric Teissier et Arthur de Catheu, dirigeants fondateurs de Finexkap

Ces derniers mois, les annonces de partenariats et de collaborations capitalistiques entre banques et Fintech se sont accélérées. 2017 s’annonce ainsi sous le signe de la réconciliation entre les jeunes startups et les mastodontes financiers. Mais encore s’agit-il de réussir une entente en bonne intelligence au service de l’innovation.

« La voie du numérique et des Fintech est le meilleur moyen de nous développer hors de nos territoires », déclarait en 2015 Ronan Le Moal, directeur général du groupe Crédit Mutuel Arkéa, lors du rachat par le groupe mutualiste de la cagnotte en ligne Leetchi. Deux ans plus tard, ce discours est sur les lèvres de tous les dirigeants d’établissements traditionnels. Nous avons pu le constater en janvier dernier, lors de la dernière édition du Paris Fintech Forum où les grandes banques étaient représentées et ont appelé de leurs vœux une collaboration de plus en plus rapprochée avec les Fintech. « L’année 2016 a été marquée par un rapprochement des acteurs de la Fintech et de la finance traditionnelle. Ces deux mondes ont de plus en plus besoin d’échanger », confirmait Laurent Nizri, CEO d’Altéir Consulting et fondateur du Forum. Tout laisse donc à croire que 2017 sera l’année de la concrétisation de nombreux partenariats stratégiques et de collaborations capitalistiques.

Un accroissement naturel des rapprochements

Et le mouvement est déjà bien amorcé en ce début d’année. Depuis janvier, les annonces s’enchaînent : le Groupe BPCE a racheté l’allemande Fidor, Goldman Sachs est devenu l’actionnaire majoritaire de Meilleurtaux.com tandis que Crédit Mutuel Arkea est entré au capital de la star de l’insurtech Fluo. Sans compter les négociations actuellement en cours, à l’instar de Natixis actuellement en pourparlers exclusifs en vue d’un rachat avec la startup de paiement Payplug.

Côté Fintech, ces rapprochements s’expliquent par leur modèle économique. A l’inverse des acteurs traditionnels qui s’appuient sur une vaste gamme de produits à proposer à leurs clients, les Fintech sont bien souvent mono-produit. Elles doivent de fait réussir à réconcilier rapidement l’équation de la rentabilité sans pouvoir démultiplier les sources de revenus. « La banque est un métier qui consomme beaucoup de fonds propres, et chercher constamment des capitaux auprès des « business angels » ou des fonds d’investissements dispersait notre capital et consommait beaucoup de notre énergie », témoigne Matthias Kröner, fondateur de la néobanque Fidor. « Mais l’activité bancaire est bien spécifique, et pour devenir un acteur global, la technologie ne suffit pas ». Les startups de la finance sont donc naturellement poussées à se rapprocher des grands acteurs avec qui elles possèdent des synergies évidentes.

Pas si facile de réussir une acquisition

Mais en pratique, les rapprochements capitalistiques sont-ils vraiment la voie de collaboration la plus évidente ? Une crainte souvent exprimée est que le rachat étouffe la capacité d’innovation de la startup ou ne la conduise à sa mort. A l’image de Fiduceo rachetée par Boursorama en 2015 et dont les outils d’agrégation de comptes et de gestion de budget ont été complètement intégrés aux services de la banque en ligne.

La force directrice d’une acquisition doit alors être de conserver l’indépendance des jeunes pousses et de s’appuyer sur les synergies opérationnelles qui existent avec les banques. Comme le soulignait Céline Lazorthes, fondatrice et PDG du groupe Leetchi à l’occasion du rapprochement avec Crédit Mutuel Arkéa, « viser plus grand pour conquérir le monde est la raison d’être de cette opération. Cette consolidation va en outre nous permettre d’apporter un service encore meilleur à nos clients, sans pour autant perdre notre autonomie ».

Mais garder son autonomie ne peut se faire qu’à certaines conditions. D’abord, l’acquéreur doit afficher clairement une volonté de conserver l’indépendance de la Fintech tout en ayant conscience de la vision long-termiste que l’innovation et la technologie requièrent intrinsèquement. Ensuite, l’acteur bancaire, au sein de chacune de ses strates, doit préparer l’ensemble de ses équipes, qu’elles soient opérationnelles ou dirigeantes, à la collaboration avec la Fintech. Il y a là un sujet d’apprentissage et de formation des ressources humaines dont le résultat peut aboutir à un enrichissement considérable pour les équipes concernées. Enfin, être attentif au poids des contraintes réglementaires appliquées aux acteurs traditionnels est essentiel. Il s’agit en effet de ne pas laisser les processus internes tuer dans l’œuf la capacité d’innovation de la startup.

Bref, la Fintech a aujourd’hui bien conscience que, seule, elle nécessitera beaucoup de capital pour parvenir à ébranler comme elle l’ambitionne la planète financière. D’un autre côté, les acteurs traditionnels sont également bien conscients que leurs business models sont challengés et qu’ils n’auront d’autre choix que d’embrasser la révolution technologique et de revoir leurs copies. Selon le Forum Economique de Davos, 30% des employés de banque en Europe et aux Etats-Unis risquent de perdre leur emploi d’ici 2025. Finalement, loin de s’affronter, David et Goliath devront bel et bien marcher main dans la main, au service de l’innovation et du client final. Et clairement, quand tous les acteurs de l’industrie auront compris que l’alliance rend plus fort, la maturité pourra effectivement être atteinte.

Maroussia

Maroussia est Growth Hacker chez Finexkap. Elle est convaincue que les Fintech vont révolutionner le besoin de financement des PME! Pour la contacter: mp@www.finexkap.com

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